La XXIᵉ éducation
La XXIᵉ éducation : une génération élevée par les écrans
Nous vivons une époque où l’éducation parentale semble avoir cédé sa place aux influenceurs des réseaux sociaux. Contrairement aux générations du XXᵉ siècle, où les parents étaient les premiers modèles et guides pour leurs enfants, aujourd’hui, ces derniers trouvent leurs références dans des vidéos, des publications et des tendances virales. Que ce soit pour les bonnes manières, la façon de s’habiller, la conception du mariage, de l’amitié ou même de la vie en société, tout semble désormais dicté par les écrans.

Une génération d’orphelins modernes
Les enfants ayant des parents encore en vie ne sont pas mieux lotis que les orphelins. La présence physique des parents ne suffit plus si l’éducation est déléguée aux contenus numériques. Ainsi, une nouvelle catégorie d’enfants émerge : ceux qui, bien que vivant sous le toit de leurs parents, grandissent comme des orphelins, livrés à l’influence d’inconnus sur Internet. Ces figures publiques, souvent sans formation ni responsabilité réelle envers ces jeunes, deviennent des modèles par défaut.
Les conséquences de cette révolution de l’éducation
Cette délocalisation de l’éducation parentale vers les réseaux sociaux entraîne de multiples conséquences :
- Crise des valeurs : la transmission des valeurs familiales s’affaiblit, remplacée par des tendances éphémères et souvent superficielles.
- Uniformisation culturelle : les enfants adoptent des règles et des modes de vie influencés par un monde virtuel, ignorant les particularités de leur propre culture.
- Déconnexion familiale : moins de dialogue, moins d’écoute et plus de solitude malgré une famille présente.
- Influence néfaste : certains influenceurs, loin d’être des modèles positifs, promeuvent des comportements destructeurs ou des idées erronées.
- Déconstruction de l’autorité parentale : les parents perdent leur statut de référence face à des figures publiques qui captivent et orientent les enfants plus qu’eux.
- Diminution de l’esprit critique : les jeunes, exposés à une information massive et non filtrée, perdent progressivement leur capacité à analyser et à remettre en question les contenus qu’ils consomment.
- Impact sur la santé mentale : l’idéalisation de vies fictives sur les réseaux sociaux engendre des frustrations et des complexes, menant parfois à la dépression et à l’isolement social.

- Quand l’inexpérience devient la norme
Ironiquement, beaucoup d’influenceurs qui guident cette génération sont eux-mêmes issus de parcours chaotiques. Ceux qui ont raté leur propre éducation deviennent des mentors en ligne. D’anciens enfants maltraités donnent des leçons sur la parentalité, et des personnes ayant vécu des relations toxiques dictent les règles du mariage et de l’amitié. Ce phénomène pose une question essentielle : quelle est la légitimité de ces nouveaux modèles ?
Rétablir l’éducation parentale
Face à ce constat, il est urgent de réhabiliter le rôle des parents dans l’éducation de leurs enfants. Loin de diaboliser les réseaux sociaux, l’idéal serait d’encadrer leur usage et d’enseigner aux enfants à développer un esprit critique face aux contenus qu’ils consomment. Les parents doivent réinvestir du temps et de l’énergie pour être les premiers influenceurs de leurs propres enfants.
Des solutions à envisager
Pour rétablir l’équilibre et redonner aux parents leur place dans l’éducation, plusieurs pistes peuvent être explorées :
• Favoriser des moments de qualité en famille : instaurer des activités régulières pour renforcer les liens et inculquer des valeurs directement.
• Limiter le temps d’écran : encourager un usage modéré des réseaux sociaux et sensibiliser les enfants à leurs dangers.
• Proposer une éducation aux médias : enseigner aux jeunes à distinguer les contenus fiables des manipulations et des fausses informations.
• Encourager les parents à être des modèles : montrer l’exemple en adoptant eux-mêmes une attitude responsable face aux nouvelles technologies.
• Faire le dialogue familial : offrir aux enfants un espace d’échange et d’écoute pour qu’ils n’aient pas à chercher des réponses ailleurs.
L’éducation du 21ᵉ siècle ne doit pas se faire par procuration, mais dans un équilibre où la technologie reste un outil et non un substitut à l’affection et à l’enseignement familial.
